Hôtel Drouot

-* « Adjugé – Vendu ! »

La vente aux enchères : un métier qui vient de loin
Tradition pratiquée dans la Rome antique, elle permet le « juste prix » d’un objet grâce à une confrontation publique de l’offre et de la demande.
Le métier de commissaire-priseur disparaît lors des invasions barbares du Vème siècle pour réapparaître au XVIème siècle en Europe.
Une ordonnance de Saint-Louis installe en 1254 les « sergents à verge et à cheval ». En 1552, un édit de Henri II institue les offices de ‘’ maîtres priseurs vendeurs ‘’ et donne à la profession un statut d’officier ministériel.

Au XVIIIème siècle, Paris devient la capitale du marché de l’art. La révolution supprime de nouveau les commissaires-priseurs au profit des notaires, huissiers et des sergents à verges. Les commissaires-priseurs retrouvent leur autonomie sous Bonaparte à Paris et sous Louis XVIII sur toute la France. Les ventes se faisaient au domicile du vendeur ou dans des locaux loués pour les ventes importantes. La loi du 20 avril 1924 ouvrit la profession de commissaire-priseur aux femmes. Paris redevient la capitale mondiale du marché de l’art en 1860.

En 1960, elle perd sa place en raison de l’expansion économique des maisons de ventes anglo-saxonnes Sotheby’s et Christie’s, cotées en bourse et présentes dans les grandes capitales mondiales. Quelques pays d’Afrique ont des commissaires-priseurs, comme le Gabon. Le statut des commissaires-priseurs a été modifié par la loi du 10 juillet 2000.
Désormais, les ventes volontaires aux enchères publiques doivent être organisées et réalisées par des commissaires-priseurs exerçant au sein de sociétés commerciales. Seules les ventes judiciaires restent l’affaire des commissaires-priseurs.

Drouot Richelieu : un lieu magique
Construit sur les plans de Lejeune et Levasseur, Drouot comptait 14 salles réparties sur deux étages à la date de son inauguration en 1852. Situé dans le quartier de la Bourse, l’Hôtel des ventes connut très vite un essor rapide avec la dispersion de nombreuses collections néerlandaises, belges, anglaises. Victime de son succès, l’Hôtel des ventes prend ses quartiers à la gare d’Orsay de 1976 à 1980 pour permettre la rénovation et la modernisation de Drouot.

La réforme du 10 juillet 2000 sur le statut des commissaires-priseurs oblige Drouot à modifier son statut et à devenir une société commerciale. En 2002, Drouot Holding est créé en remplacement de la compagnie des commissaires-priseurs.
Drouot est une plaque tournante du marché de l’art français et international : 800 000 objets vendus par an lors des 3 000 ventes effectuées. Il dispose de 21 salles réparties sur quatre sites : Drouot Montaigne, Drouot Montmartre, Drouot Véhicules et Drouot Richelieu.

Célèbre pour ses ventes prestigieuses, on oublie parfois que Drouot est le lieu à Paris où s’effectue la plupart des ventes aux enchères qui peuvent ressembler à des vide-greniers ou dépôts-ventes faits de bric et de broc. Des animaux et volatiles y sont également vendus.

C’est un lieu magique où amateurs et initiés se croisent : six à dix mille visiteurs par jour. Les ventes et expositions en cours sont annoncées sur des écrans qui remplacent les anciennes affiches sur les façades des bâtiments. A Drouot Richelieu, les objets sont exposés la veille et le matin même des ventes de 11h à 12h00. Les vacations commencent dès 14h00. L’estimation des lots varie de quelques euros à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Quatre pots à lait provenant de la laiterie de la Reine à Rambouillet (époque de Marie Antoinette) ont été estimés de 2 à 300 000 euros Il existe deux types de ventes : les ventes cataloguées (la gazette de l’Hôtel Drouot, le Moniteur) et les ventes courantes. Le coût des prestations pour les ventes judiciaires est de 6%, et celui de la vente cataloguée de 15 %, au frais du vendeur.
Les enchères peuvent être portées par un tiers mandaté (commissaire-priseur, expert ou crieur). Les ordres d’achat peuvent prendre trois formes : l’ordre fixe, l’ordre par téléphone ou par Internet (peu développé).

Un marché de l’art international
La France laisse sortir ses objets d’art mais elle en fait rentrer également. L’Italie protège son patrimoine. L’Allemagne a été dépouillée après la guerre. Les chinois très présents, sont intéressés par des objets asiatiques, le corail et la roche de cristal, les émiratis par les meubles somptueux et dorés, les espagnols par des Christs en ivoire. Les américains semblent être absents depuis les attentats du 11 septembre 2001.
Les musées ont un droit de préemption sur les objets d’art. Un délai de 15 jours doit être respecté avant toute vente. Un blocage est possible pendant une durée de trois ans jusqu’à ce que le musée collecte suffisamment d’argent pour acquérir le bien. La vente des tableaux, argenterie, timbres et livres se porte bien ainsi que le vin.

Aster Guerquin

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Page mise à jour le dimanche 1er octobre 2017